De la mère à l’enfant

Le projet Omégalait (2011-2014) a été mené par l’ITERG en partenariat avec le CHU de Bordeaux et les lactariums de Montpellier, Paris Necker, Lyon, Bordeaux-Marmande, dans le cadre d’un Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC). Ce projet avait pour objectif d’évaluer chez des femmes allaitantes françaises l’impact de la consommation de doses croissantes d’acide alpha-linolénique (ALA) –précurseur d’origine végétale des acides gras polyinsaturés oméga-3– apporté sous forme d’huile de colza (source naturelle d’ALA) et/ou de margarine riche en ALA, sur le statut en acides gras oméga-3 du lait maternel, biomarqueur reconnu du niveau de consommation en acides gras essentiels.

Cette étude a permis de mettre en évidence que la consommation de margarine et/ou d’huile de colza riches en ALA permettait d’accroître dans le lait maternel, la teneur en ALA (jusqu’à +180 % selon le régime considéré), ainsi que celle en acide linoléique (LA), précurseur d’origine végétale des acides gras polyinsaturés oméga-6. De plus, l’association huile de colza et margarine tendait à améliorer la bioconversion de l’ALA en ses dérivés métaboliques, avec une augmentation statistiquement non significative des proportions en acides eicosapentaénoïque (EPA, +40 %) et docosahexaénoïque (DHA, +38 %).

Les données obtenues à l’issue du projet Omégalait (avant intervention nutritionnelle chez les femmes allaitantes) sont venues enrichir celles acquises par l’ITERG et ses partenaires dans le cadre de précédentes études menées en 1997, 2000 et 2007, permettant ainsi d’apprécier sur une période de 17 ans l’évolution de la consommation des acides gras oméga-3 et oméga-6 en France, en lien avec le statut nutritionnel du lait maternel.

La comparaison des différentes données a mis en évidence qu’en 2000, le niveau d’ALA dans le lait maternel était faible, induisant un fort déséquilibre du ratio LA/ALA (ratio égal à 24) pour une valeur recommandée proche de 6 pour le nouveau-né. Cependant, dans les laits maternels analysés entre 2007 et 2014, le taux en ALA a augmenté de 46 % et dans une moindre mesure, celui en DHA (+13 % entre 2007 et 2014). Les variations des teneurs en LA et ALA ont induit une diminution de 50 % du ratio LA/ALA entre 2000 et 2014, suggérant une amélioration du statut nutritionnel du lait maternel.

Prises dans leur ensemble, ces données reflètent une modification positive des habitudes alimentaires des femmes allaitantes françaises sur la période 1997-2014 –qui tendent à se rapprocher des recommandations nutritionnelles sans pour autant les atteindre– et suggèrent la nécessité pour cette population spécifique d’améliorer sa consommation en acides gras oméga-3.

 

Les huiles et la margarine utilisées dans le cadre de l’intervention nutritionnelle Omégalait ont été fournies respectivement par les sociétés Lesieur et St Hubert. Le projet a reçu le soutien de Terres Univia, Interprofession des huiles et protéines végétales.

Les résultats acquis dans le cadre du projet ont fait l’objet de deux communications orales (congrès de la Société Française de Néonatologie – Journées Francophones de Recherche en Néonatologie 2015 et Euro Fed Lipid 2017), ainsi que d’une publication scientifique.

MAZURIER E, RIGOURD V, PEREZ P, BUFFIN R, COUEDELO L, VAYSSE C, BELCADI W, SITTA R, NACKA F, LAMIREAU D, CAMBONIE G, PICAUD JC, BILLEAUD C. Effects of Maternal Supplementation With Omega-3 Precursors on Human Milk Composition. Journal of Human Lactation. 2017; 33(2):319-328. doi: 10.1177/0890334417691946.

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