Impact des acides gras oméga-3 de l’alimentation de la femme allaitante sur la qualité nutritionnelle du lait maternel

 

Contrairement aux glucides et protides contenus dans le lait maternel, la composition en lipides du lait est très liée à leur niveau d’apport dans l’alimentation de la femme allaitante.

Les lipides sont la première source d’énergie du lait maternel. Ils servent également à couvrir les besoins en acides gras du nourrisson, nécessaires au développement de ses tissus. Les acides gras oméga-3 qui composent ces lipides jouent un rôle primordial dans le bon développement cérébral et rétinien de l’enfant.

L’impact de l’alimentation maternelle sur la composition en acides gras du lait est clairement démontré. Concernant plus précisément les acides gras oméga-3, une insuffisance de leur niveau d’apport dans l’alimentation de la femme allaitante (à l’instar de ce qui est observé en France[1]) peut avoir des répercussions négatives sur leur contenu cérébral chez le nouveau-né.

Dans le cadre de l’étude Omégalait[2] à laquelle l’ITERG a participé, il a été montré que la consommation d’huile de colza riche en acide alpha-linolénique (ALA) -précurseur des acides gras oméga-3- et de margarine riche en ALA, combinée à un apport en acides gras oméga-3 d’origine marine (poisson gras riche en acide docosahexaénoïque, DHA) permettait d’atteindre un contenu en acides gras oméga-3 dans le lait maternel plus élevé que celui observé lorsque les sources d’acides gras oméga-3 étaient consommées seules[3].

Cette étude justifie ainsi l’intérêt d’un rééquilibrage des apports alimentaires en acides gras oméga-3 chez la femme allaitante française, tant en termes d’acides gras oméga-3 d’origine végétale (ALA apporté par l’huile de colza et la margarine, à raison de trois cuillères à soupe d’huile et de trois noix de margarine par jour) que d’acides gras oméga-3 d’origine marine (DHA apporté par le poisson, à raison de deux portions de poisson gras par semaine).

 

[1] TRESSOU J, BUAUD B, SIMON N, PASTEAU S, GUESNET P. Very low inadequate dietary intakes of essential n-3 polyunsaturated fatty acids (PUFA) in pregnant and lactating French women: the INCA2 survey. PLEFA. 2019, 140:3-10. doi: 10.1016/j.plefa.2018.11.007.

[2] Projet mené en partenariat avec le CHU de Bordeaux et les lactariums de Montpellier, Paris-Necker, Lyon, Bordeaux-Marmande, dans le cadre d’un Programme Hospitalier de Recherche Clinique. Les huiles et la margarine utilisées dans le cadre de cette étude ont été fournies respectivement par les sociétés Lesieur et St Hubert. Le projet a reçu le soutien de Terres Univia (Interprofession des huiles et protéines végétales).

[3] MAZURIER E, RIGOURD V, PEREZ P, BUFFIN R, COUEDELO L, VAYSSE C, BELCADI W, SITTA R, NACKA F, LAMIREAU D, CAMBONIE G, PICAUD JC, BILLEAUD C. Effects of Maternal Supplementation With Omega-3 Precursors on Human Milk Composition. Journal of Human Lactation. 2017; 33(2):319-328. doi: 10.1177/0890334417691946.

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