Création d’un observatoire des habitudes de consommation en lipides en France à partir d’une population de femmes allaitantes

Lipides, Matière grasse, Nutrition, Allaitement

Intervention orale de Benjamin Buaud, Responsable Projet Nutrition-Santé & Biochimie des Lipides, aux Journées Francophones de Nutrition, Rennes 27-29 novembre 2019 : « Création d’un observatoire en lipides en France à partir d’une population de femmes allaitantes ».

 

Résumé

Introduction, but de l’étude :
Les acides gras polyinsaturés (AGPI) n-6 et n-3, qu’il s’agisse de leurs précurseurs respectifs, l’acide linoléique (LA) et l’acide a-linolénique (ALA), ou de leurs dérivés à longue chaîne, tel l’acide docosahexaénoïque (DHA) pour la série n-3, jouent des rôles majeurs chez l’Homme. Peu ou pas synthétisables par l’organisme, ces AGPI doivent être apportés par l’alimentation. Les données de consommation de l’étude INCA2 ont montré, tant pour la population adulte générale1 que pour la population des femmes allaitantes2, une insuffisance des apports en AGPI n-3 au regard des recommandations (apport en ALA deux fois inférieur aux ANC pour les femmes allaitantes). Des travaux antérieurs3 consacrés au suivi de la composition en acides gras du lait maternel (LM), marqueur reconnu du niveau de consommation en acides gras essentiels des femmes allaitantes, suggèrent une évolution positive des apports en AGPI en France ces 20 dernières années. Le statut en AGPI n-3 du LM est cependant en deçà des recommandations pour le nouveau-né. En prévision de la mise en place d’un observatoire national des habitudes de consommation en lipides en France basé sur un suivi pluriannuel de la composition en acides gras du LM, une étude pilote a été réalisée afin d’évaluer l’impact du lieu de résidence des donneuses, ainsi que l’influence de la période du don de lait sur le statut en AGPI du LM.

Matériel, méthodes : 155 échantillons de LM mature ont été collectés auprès de donneuses volontaires vivant dans le Nord et le Sud-Ouest de la France, à différentes saisons de l’année. Leur composition en acides gras a été évaluée ; nous y avons adjoint l’évaluation des teneurs en vitamines A, D et E, lesquelles sont aussi dépendantes de l’alimentation maternelle. Un questionnaire fréquentiel de consommation a été proposé aux donneuses afin d’identifier les sources alimentaires de lipides d’origine végétale et animale pouvant impacter le contenu du LM en acides gras et vitamines.

Résultats : En termes d’habitudes alimentaires, les donneuses consomment fréquemment de l’huile d’olive et du beurre. Certaines d’entre elles ne consomment jamais de sources riches en AGPI n-3 (huiles de colza et noix, poissons gras). Nos données confirment par ailleurs l’impact positif de la consommation d’huile de colza sur le contenu en AGPI n-3 du LM (p<0,05). Le lieu de résidence a un impact plus ou moins significatif sur les acides gras. Ainsi, les proportions moyennes d’ALA (1,12%±0,52 vs 0,86%±0,36) et d’AGPI n-3 (1,59%±0,51 vs 1,34%±0,47) du LM sont sensiblement plus élevées dans le Nord vs le Sud (p<0,10). En revanche, la saison de collecte semble avoir peu d’influence sur le statut en AGPI et en vitamines (p>0,05). Enfin, 72%, 77%, et 65% des échantillons ont des valeurs respectivement en ALA, DHA et vitamine E inférieures aux ANC pour le nouveau-né.

Conclusion : Cette étude a permis de valider la nécessité de mettre en place un observatoire centré sur différentes régions du territoire métropolitain. Les échantillons de lait maternel pourront être collectés pendant une même saison sans risquer de perdre en représentativité des habitudes de consommation des femmes allaitantes.

1 doi:10.1017/S000711451600413X
2 doi:10.1016/j.plefa.2018.11.007
3 doi:10.1051/ocl/2018028

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