Politiques des pouvoirs publics en matière d’alimentation : quid des matières grasses ?

« Manger 5 fruits et légumes par jour », « manger-bouger » sont des messages de prévention bien connus du grand public apparus avec le Programme national nutrition santé (PNNS).

Outil mis en place en 2001 par les pouvoirs publics (voir encart), le PNNS vise à améliorer l’état de santé de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs, la nutrition.

Les connaissances scientifiques acquises ces 20 dernières années permettent d’affirmer que l’alimentation est un facteur sur lequel agir à titre préventif vis-à-vis des enjeux majeurs de santé publique actuels tels que le cancer, les maladies cardiovasculaires ou l’obésité.

A ce titre, la 4ème édition du PNNS[1] (PNNS-4) lancée en septembre 2019 recommande entre autres objectifs d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire.

Parmi les pistes envisagées, le PNNS préconise notamment de réduire la teneur des matières grasses dans les aliments de consommation courante en les reformulant : modification des recettes existantes ou mise sur le marché d’aliments de meilleure qualité nutritionnelle par élimination des acides gras trans d’origine industrielle, par diminution des acides gras saturés ou par augmentation des acides gras oméga-3.

La question des matières grasses ajoutées – huile, beurre et margarine – y est également abordée, le PNNS recommandant d’améliorer leur profil de consommation de sorte que :

  • 100 % de la population ait un rapport matières grasses végétales / matières grasses totales supérieur à 50 % ;
  • 100 % de la population ait un rapport matières grasses végétales riches en acide alpha-linolénique (précurseur des acides gras oméga-3) et huile d’olive / matières grasses végétales totales supérieur à 50 %.

La recommandation principale est que les matières grasses ajoutées peuvent être consommées tous les jours en petites quantités, en privilégiant la consommation d’huile de colza, d’huile de noix (deux huiles riches en acide alpha-linolénique) et d’huile d’olive.

[1] https://agriculture.gouv.fr/programme-national-pour-lalimentation-2019-2023-territoires-en-action

Qu’est-ce que le PNNS ?

Le Programme national nutrition santé (PNNS) est un plan de santé publique porté par le ministère chargé de la santé, grâce auquel les pouvoirs publics définissent et diffusent les recommandations sur l’alimentation et l’activité physique. Mis en œuvre en 2001, le PNNS a été prolongé en 2006 (PNNS-2), en 2011 (PNNS-3) puis en 2019 (PNNS-4).

Depuis sa création, les repères nutritionnels du PNNS ont été diffusés auprès de la population française par différents moyens de communication : des guides nutrition, le site mangerbouger.fr et des campagnes dans les médias. Ils ont été intégrés et relayés par les professionnels du secteur de la santé, du secteur social et depuis 2007 par le secteur de l’agro-alimentaire, les annonceurs publicitaires de produits alimentaires manufacturés ayant l’obligation d’apposer sur leurs publicités des messages sanitaires reprenant le contenu de certains de ces repères.

Dans sa dernière édition (2019-2023), le PNNS vise à promouvoir du côté de l’offre et de la demande une alimentation favorable à la santé, prenant en compte les dimensions culturelles et environnementales, la pratique au quotidien de l’activité physique tout en limitant les comportements sédentaires avec un objectif de réduction des inégalités sociales de santé.

Depuis mars 2019, il a été fusionné avec le Plan national de l’alimentation (PNA), sous tutelle du ministère chargé de l’agriculture, dans le cadre du Programme national de l’alimentation et de la nutrition (PNAN) dont l’objectif est de contribuer à promouvoir des choix alimentaires favorables pour la santé et respectueux de l’environnement et réduire les inégalités d’accès à une alimentation de qualité et durable.

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