Réflexion sur le choix de l’unité fonctionnelle en ACV dans le cadre de l’affichage environnemental des produits alimentaires

Environnement, IAA, analyse cycle de vie, ACV, affichage environnemental

La méthode de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) semble, à ce jour, être la plus opérationnelle à court terme pour disposer d’indicateurs environnementaux à l’échelle des produits alimentaires pour leur affichage environnemental. Ainsi, le « socle ACV » constituerait le socle principal de l’information produit destinée aux consommateurs. Or, dans le cadre de l’ACV, l’unité de
référence est l’Unité Fonctionnelle (UF).
En parallèle de l’expérimentation nationale sur l’affichage environnemental des produits alimentaires, un groupe de travail, sous l’égide du RMT Actia Écoval, s’est ainsi constitué pour proposer des éléments de réflexions sur les UF spécifiques aux aliments.
L’objectif de ce groupe est d’apporter des éléments de réflexion quant à la pertinence relative des UF autres que l’unité de masse
(1 kg ou 100 g de produit consommé), souvent utilisée par défaut. L’approche méthodologique de ces travaux se base sur les
méthodes ACV utilisées dans Agribalyse 3.0 et sur la table de valeurs nutritionnelles Ciqual de l’ANSES. Un panel d’UF pour l’ACV de produits alimentaires a été testé basées sur la masse, la portion recommandée ou la teneur en calories ou en nutriments
essentiels.

Les principaux enseignements des simulations sont que l’UF massique peut être adaptée pour différencier des produits similaires (marque A vs marque B), mais apparait en revanche peu satisfaisante pour des produits très différents (issus de différentes catégories de produits). En effet, l’utilisation de cette UF appliquée de manière uniforme à tous les produits pour calculer un score environnemental produit (ex : score fourni pour 100 g de produit consommé quel que soit le produit) biaiserait certaines comparaisons inter-catégories que feront les consommateurs et pourrait conduire à des choix erronés ne conduisant pas à des gains environnementaux.

Néanmoins, les travaux et les discussions menés soulignent la difficulté d’identifier des alternatives satisfaisantes à une UF massique tant qu’une UF unique transversale à l’ensemble des produits est recherchée. En effet, chaque option présente un certain nombre d’avantages et d’inconvénients ne permettant pas de dégager des recommandations claires ; certaines UF étant adaptées à certains types de produits, mais pas à d’autres. Les UF basées sur la portion nutritionnelle présentent l’avantage d’évaluer les impacts environnementaux par rapport au véritable service rendu par l’aliment (apports nutritionnels majoritaires ou apports d’énergie à l’organisme).
Les travaux menés soulignent également l’intérêt de raisonner au niveau d’un segment de produits dans l’optique de permettre une comparaison intra-catégorie. Cette approche permet en effet d’envisager des UF plus adaptées, mais nécessite un travail préalable sur la segmentation des produits.

Publication de Laura Farrant (CTCPA), Margaux Colombin (CTCPA), Gilles Nassy (IFIP), Fabrice Bosque (ITERG), Didier Majou (ACTIA), parue dans la revue Cahiers de l’IFIP, vol. 7, n°2, 2021

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